VISUAL ART

 < Back / Retour
Bookmark and Share

La question de l'expérience
de la rencontre avec une oeuvre d'art
par Frederic Fappani


Contexte d'écriture :
Dans les années 90, le site Internet 'XXXX' avait demandé au réseau de praticiens, de chercheurs, d'universitaires de l'ARFE de pouvoir utilisé des textes issus du réseau.

Ainsi des 1999, devançant en cela de nombreux sites mettant a disposition des textes ou autres ressources, le site 'baudandbui' contribua a la diffusion du savoir sur l'Art.

Déjà, a cette époque, nous ( les membres du réseau ARFE ) avions du faire face à la difficulté des textes non référés et non contextualisés. C'est à dire que nous avions compris l'importance qu'un texte soit signé d'un auteur identifié, que l'on comprenne ce qui avait amené l'auteur à l'écrire et depuis quel point de vue et avec quel légitimité, l'auteur d'un texte parlait de ce dont il parlait. Le réseau ARFE n'est plus accessible au grand public et ne fonctionne plus de la même manière.

Nous sommes en 2009, est nous sommes à l'anniversaire du site 'baudandbui' afin de marquer ces dix années passées voici un texte parlant, du point de vue de l'éducation puisque c'est ma fonction sociale de produire de la connaissance a partir de ce point de vue, sur l'expérience que nous vivons tous dans notre rencontre avec le beau et sur l'art .

Il s'agit donc aussi d'un cadeau d'anniversaire offert au site : Bon anniversaire !

 Paris le mercredi 15 avril 2009.
Frederic Fappani

(Article publié avec l'aimable courtoisie de Frédéric Fappani à l'occasion du dixième anniversaire du site.)
 

I. La rencontre avec la lumiére :

Aujourd'hui la question du beau et d'une oeuvre d'art, de ce qu'ils donnent à penser et à ressentir est plus encore d'actualité qu'hier.
La difficulté est telle, aujourd'hui, que pour beaucoup de nos contemporains cette capacité face à une oeuvre d'art à s'émouvoir, a se laisser remplir de belles pensées sur eux et sur le monde, est endormie. Peut être pire encore certains ne pourront pas comprendre ces simples lignes vraiment, car l'expérience dont je parle est, pour eux, juste un point de vue intellectuel et n'est pas possible à vivre.
Cette rupture, que connaisse beaucoup de nos contemporains, d'avec l'expérience d''émeuvement' dans leur rapport à l'oeuvre d'art, est fondamentalement problématique.
En effet alors que l'ouverture à une oeuvre d'art en cette période critique est l'une des praxis de contemplation, d'émotion, de quiétude et une élévation réelle et sérieuse de l'esprit et que donc par le fait constitue une des activités possibles accessibles même ( et surtout ) en temps de crise ( parfois même gratuitement ), elle ne peut même pas pour beaucoup, être une des activités d'éveil de leur esprit mais plus encore de leur être, tout entier. Elle n'existe pas comme activité sérieusement porteuse de quoi que se soit de l'ordre du bien être ni même de parcipation à leur individuation.
Mais qui est là, pour rappeler, enseigner, faire découvrir, les symboles obligatoires, nécessaires, a ce bonheur possible ? Et qui s'y intéresse ? D'autant que cette éducation là est sinon vitale ou moins fondamentale.
L'imaginaire, le réel, le symbolique en jeu, en enjeux, et en je ( qui me permettre n'advenir plus moi même) que permet cette expérience, sont majeures pour l'être. Plus encore quand cette actvité se situe en dehors de tout dogme, de toute discipline poussant à une obligation à la faire, pour la faire.
Les figures culturelles, nommons les archetypales, rencontrées plus ou moins consciemment, les émotions ressentis, la capacité que l'on en a à les parler avec soi même, pour en faire de la matière noble ou pour réaliser celle existante en nous même, peuvent être pour certains une expérience d'un bouleversement intense.
Ainsi l'artiste, devient l'un des démiurges de notre vie, de ceux qui permettent quand nous contemplons l'un de leurs créations, d'adevenir un peu plus nous même et à nous même, en partie sur tel ou tel aspect de nous même. Ainsi l'artiste, le créateur, nous créer alors quelques peu au travers de son oeuvre.

Au fond nous pouvons alors rencontrer une certaine lumière que nous possédons en nous.


II. La rencontre avec l'Ombre :

Cette perspective peut aussi quelques peu faire peur et plus encore peut constituer un legfer danger pour les plus fragiles d'entre nous ( non dotés d'un système symbolique assez puissant, d'un moi fort, et d'un égo relativement apaisé lors d'une telle entreprise ).
La rencontre archétypale peut alors réveiller en nous quelques monstres endormis . Ainsi de manière modernes , puisque nous avons appris a nommer , cet envahissement de tel ou tel monstre .
Ils viendront nous envahir : tensions nerveuse, idées curieuse, obsessions tenaces, stress, effroi persistant, image intérieure persistante etc. Il faut donc alors être équipé intérieurement pour la rencontre, pour savoir laisser glisser ses émotions est revenir au calme.
Et malheur alors lors de cette rencontre a celui qui est dans le déni que cela exista en lui, ou qu'il puisse le vivre. L'homme moderne n'en a pas finit, avec la profondeur de son être et la compréhension de son âme.
Que l'on en soit pas capable, que l'on se ferme a l'expérience, tout en passant devant le tableau, une sculpture est l'archétype se met a agir tout de même. Il agit tout de même puisqu'il consiste en la rencontre du ''monstre-froideur'' que suscite l'oeuvre.
Que cette incapacité soit accompagné d'un '' c'est génial '' ou d'un ''c'est nul '' qui ne serait pas accompagné d'une rencontre émotionnelle correspondante est la première victime de la supercherie en serait l'auteur lui même et surtout accroîtrait sont malheur à vivre l'instant, renforçant par ailleurs le poid du monstre-froideur.
Ce monstre de froideur, que l'on peu nommer aussi la part d'Ombre de l'être.
Ansi l'accès a l'art n'est pas donné a tout le monde à priori, et d'autre part l'expérience comme émerveillement de soi, d'une oeuvre n'est pas garantit a tous.


Conclusion :

Nous ne sommes pas voués éternellement à la lumière ou à l'ombre, c'est à dire ni réussir a nous émouvoir à tout les coups, ni même a le pouvoir à tout les coups.
Mettre au travail l'ouverture ou la fermeture, faire face à la lumiére ( les émotions agréables ) et faire face à l'ombre ( les émotions désagréables ) c'est l'oeuvre d'une vie et l'affaire de chacun.
En cela, l' art, sans exclusivité de cette pratique car elle n'est pas la voie mais juste une activité sur la voie, contribue à la réalisation de soi.
La fréquentation de site tel 'baudandbui', grâce aux choix de qualité fait par ses rédacteurs, participe de cette activité et nous donne un peu plus de matière pour que la prochaine fois, quand nous feront face à une oeuvre d'art cela ne sera plus de la même 'maniére' mais d'une certaine 'manière' : mieux !

L'auteur :
Frédéric Fappani : Cadre au sein d’une oeuvre de protection de l’enfance . Formé aux sciences de l’éducation et aux approches analytiques, il a pu mener, depuis plus de 17 ans, des accompagnements individuels et collectifs.

Selections :
Ouvrage : Frederic Fappani,La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, 2009.

Article :
Frédéric Fappani : "Les jeunes n'ont appris ni à s'aimer ni à aimer", Journal 'le monde', 27.03.2009.
LE MONDE | 27.03.09 | 14h23  •  Mis à jour le 27.03.09 | 14h23